J'étais ce matin convié à une très intéressante présentation de la nouvelle formule de La Tribune par François-Xavier Pietri, directeur de sa rédaction, par le biais d'Information Presse et Communication.
Le quotidien économique a en effet entrepris voici un mois un changement radical de son offre, en tentant de concilier l'immédiateté du web avec le traitement de l'information plus en profondeur, propre aux médias traditionnels, et les chamboulements apportés par les gratuits dans les codes de lecture de la presse.
Le plus intéressant dans le pari de La Tribune est la totale complémentarité assumée entre l'édition web et l'édition papier du journal. Ainsi, les premières pages du quotidien sont-elles désormais consacrées à l'essentiel de l'information du jour, traité sous forme de brèves à la manière de Métro ou de 20 Minutes, que l'on retrouve développées sur le site, et un chassé-croisé dynamique s'instaure entre les deux supports, s'appuyant sur le meilleur des deux univers.
Au nombre des particularités du site, une page d'accueil personnelle entièrement personnalisable, permettant d'accueillir les flux RSS de n'importe quel média en ligne (texte uniquement pour le moment hélas !), ou un accès gratuit à toutes les rubriques du journal, dans lesquelles articles et dépêches sont intimement liés, avec la possibilité de réagir en ajoutant des commentaires sur chaque article.
S'ils ne sont pas encore au rendez-vous, webcasts et postcasts font partie des évolutions prévues, ainsi que la possibilité de recevoir ses fils d'infos préférés sur son téléphone.
La Tribune a pris le pari de bouleverser non seulement sa manière de présenter l'information, mais aussi celle de la formuler, en considérant que son lectorat suivrait le quotidien sur les 2 supports à la fois et jouerait ainsi le jeu de la complémentarité. Un pari risqué, mais un pari à suivre de près...
Un néologisme barbare en guise de titre, mais il est difficile de passer à côté de la polémique soulevée autour de "Le Web 3" et de l'initiateur de l'événement, Loïc Le Meur, tant celle-ci enflamme depuis quelques jours les médias, qu'il s'agisse de blogs influents comme TechCrunch, dont la version britannique a été le siège d'une note controversée (et avec virulence par Loïc Le Meur lui-même, semble-t-il), Pointblog ou Embruns, ou qu'il s'agisse de médias traditionnels tels que le Monde.
Au-delà d'une bataille d'egos exacerbés, l'affaire anecdote met en lumière certains atavismes des blogs, qui les font privilégier l'informoition à l'information, et risque fort, pour un moment encore, de leur refuser le statut de source d'information fiable.
Nés en tant qu'outils d'expression personnelle, les blogs le sont à l'évidence restés, malgré la professionnalisation de certains d'entre eux. Ils expriment l'opinion de leurs rédacteurs, et non celle que leur confère leur identité propre, et le licenciement de Sam Sethi en est la malheureuse conséquence. Les blogs sont en cela l'équivalent numérique des chroniques de la presse écrite, et ont encore un long chemin à faire avant de pouvoir prétendre à davantage.
La difficulté existant à légitimer un blog de marque est une autre de ces conséquences. Comment faire s'exprimer de manière pérenne et crédible une entreprise, lorsque seule la voix d'une personne ou d'un groupe peut être entendue ? La personnification des marques et des entreprises est tout autant un frein à leur communication qu'une réponse à un besoin de proximité avec les consommateurs. Un paradoxe que les blogs ne parviennent pas à résoudre...
Un autre des aspects "pervers" des blogs découle de leur nature participative elle-même. Les commentaires prennent parfois le pas sur les billets, la réaction à chaud sur l'information raisonnée, le pathos sur l'ethos. Ce n'est pas tant la critique du Web 3 par Sam Sethi que le commentaire de Loïc Le Meur qui a mis le feu aux poudres, et la polémique elle-même s'est déplacée sur le terrain de la politique par le jeux des commentaires sur l'intervention de Nicolas Sarkozy lors de l'événement.
Comment, dès lors, redonner à l'information, même s'il s'agit de journalisme d'opinion, un tant soit peu de priorité ? La généralisation d'outils tels que Netvibes et de l'utilisation des flux RSS pourrait permettre de séparer à bon escient billets et commentaires. Mais est-il nécessaire de les dissocier ? N'est-il pas plutôt temps pour les sites d'information en ligne, présents aujourd'hui sous la forme de blogs, de partir à la recherche d'un autre modèle ? Ce pourrait alors être la prochaine "killer app" de l'internet, et la naissance d'une nouvelle forme de presse écrite. Rêvons...
Laisser le réel reprendre ses droits... Reléguer, pour un temps, le virtuel et l'univers des réseaux au rang, soit d'utopie libertaire, soit de mercantilisme spéculatif. Bref, alors que l'internet semble à nouveau s'emballer, et que les initiatives se réclamant deux-point-zéro jouent la surenchère, me tenir, pour un certain temps, à l'écart de l'agitation qui secoue de plus en plus fort les médias, la communication et notre manière d'interagir.
C'est en grande partie à dessein que j'ai entrepris cette mini-cure de sevrage. "Pour voir", pour essayer de retrouver un oeil neuf et pertinent face à l'actualité toujours plus fournie du web. Il suffit, pour se convaincre de cet emballement, de voir le nombre de sites qui aujourd'hui se consacrent exclusivement à l'actualité de l'actualité du net. Des sites tels que eHub (en anglais) ou TechCrunch, qui, jour après jour, présentent les nouveaux services estampillés 2.0, ou PointBlog, qui relate l'actualité de la blogosphère. Vous souhaitez tout savoir sur Second Life ? Téléportez-vous sur SLObserver. Sur Google Maps ? Rendez-vous sur Google Sightseing. Sur Flickr ? Feuilletez FlickrNation...
Mais comment rester à l'écart de cette passionnante aventure ? Je me sens un peu l'égal des nouveaux accros à l'email mobile, incapables de se séparer ne serait-ce qu'une minute de leur Blackberry ou de leur Treo...
La mode du tout collaboratif prend parfois de bien curieuses tournures, et n'épargne aucun domaine, hélas, y compris ceux pour lesquels les jugements personnels n'engagent que ceux qui les formulent, comme c'est le cas pour les oeuvres d'art.
Alors que, sur bien des sujets, "l'intelligence collective" (un sujet sur lequel Francis Pisani a récemment mené d'intéressantes réflexions) est une voie permettant d'enrichir un contenu ou un corpus de connaissance, l'art est un domaine dans lequel la modération et le consensus sont affreusement réducteurs.
Une constatation qui n'a semble-t-il pas arrêté les créateurs de Art Face Off, dont le but est de mettre en concurrence les oeuvres des artistes artistes s'inscrivant sur le site. L'initiative, qui a récemment fait l'honneur d'un billet surTechCrunch comme sursa version française, a au moins un mérite: celui de montrer les limites de l'intérêt d'une démarche purement "web 2.0". La censure, celle qui consisterait à ne laisser la parole qu'à des experts autorisés, n'est bien sûr plus un modèle satisfaisant de diffusion de l'information. Mais la mise en avant de l'avis général contre l'opinion personnelle l'est encore moins. Bien des modèles culturels, autant sinon plus que des modèles économiques, sont aujourd'hui remis en question.
Il ne se passe désormais plus un jour sans que de nouvelles initiatives, économiques, marketing ou techniques, ne se développent autour de Second Life. Des cyber-sex toys à la NASA, l'engouement actuel pour l'univers virtuel de Linden Lab est vertigineux.
Plus vertigineux encore est Rezzible, un générateur de sites web... virtuel, puisque destiné à fonctionner A L'INTERIEUR même de l'univers de SecondLife. Je n'ose imaginer ce qui se passera lorsque quelqu'un trouvera le moyen de créer un univers virtuel qui ne soit accessible que depuis SecondLife...
| Lun | Mar | Mer | Jeu | Ven | Sam | Dim |
|---|---|---|---|---|---|---|
| << < | ||||||
| 1 | 2 | |||||
| 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 |
| 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 |
| 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 |
| 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 |