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Jun

28

La blogue du jour !

By Thierry de Baillon

J’avoue que depuis que la frénésie s’est emparée des marketeurs, blogueurs et des e-specialistes de tous crins, j’ai du mal à voir le net autrement que comme un vaste champ d’expérimentation commerciale, d’où toute poésie et toute imagination disparaissent à la vitesse de l’ADSL.

Un bien triste constat, à l’opposé de mes propres aspirations. Voilà pourquoi je tiens à saluer ce billet de Fred Cavazza qui fait aujourd’hui un fort intelligent et spirituel pied-de-nez à tous les empêcheurs de réfléchir en rond.

Jun

26

Almost lost in… translation

By Thierry de Baillon

C’est une très riche et intéressante exposition que nous offre cet été le Palais de Tokyo : “Translation”. Riche, parce qu’elle présente des œuvres tirées de la collection de Dakis Joannou, l’une des plus grandes collections privées d’art contemporain en Europe, œuvres d’artistes aussi importants que Joseph Kossuth, Takashi Murakami, Jeff Koons ou Nari Ward. Intéressante, parce que le parti pris des commissaires de l’exposition est tout sauf orthodoxe. La présentation a été chorégraphiée, dé-structurée par deux graphistes dont la démarche a toujours été étroitement liée à l’art contemporain: les M/M (Paris), une signature qui recouvre le travail à quatre mains de Michæl Amzalag et Mathias Augustyniak.

Plus qu’une exposition, loin d’une confrontation, à l’opposé d’une mise en situation, le résultat est une sorte d’inter-fertilisation, de subtile mutation autour et entre les œuvres présentées. Chacune témoigne en effet d’une étonnante juxtaposition de cultures et de références, et vient entrer en résonnance avec l’environnement créé pour chacune d’entre elles par les M/M. Je pourrais citer l’installation de Nari Ward (Amazing Grace), où la ferveur de chants gospell se mêle à une sérénité d’esprit très zen, le tout chahuté par les typographies violemment urbaines des M/M. Ou également la force primitive d’une toile de Michæl Bevilacqua (“Tomorrow comes today”), plaquée sur un parchwork de posters (“Wall on Wall”) représentant le mur nu et décrépi du Palais, tel qu’il est derrière les panneaux lisses et blancs de l’espace d’exposition.

L’exposition chahute beaucoup d’idées reçues sur l’art contemporain et sur sa muséographie, et il est dommage que, comme souvent d’ailleurs, le texte de présentation qui l’accompagne semble si souvent tomber à côté de la plaque. Il parle d’artistes en train de “traduire leur particularismes culturels”, alors qu’il s’agit bien plus pour moi d’une hybridation, d’un métissage revigorants. Je n’y vois aucune “résistance à l’uniformisation des cultures”, mais au contraire un abondon salutaire à leur multiplicité et à leur interpénétration.

J’ai juste peur que cette exposition, qui n’est certes pas conçue pour les profanes, soit à l’opposé de la volonté du Palais de Tokyo de démocratiser l’art contemporain. Mais cette peur est compensée par un plaisir -réel-, celui d’avoir vu une exposition qui dérange mes certitudes, qui m’enthousiasme, qui m’ouvre de nouveaux horizons esthétiques.

Jun

21

Dans le cyberspace, qui vous entend crier ?

By Thierry de Baillon

La Chine, l’Iran et autres régimes extrêmes n’ont pas l’exclusivité de la répression de l’expression électronique, comme en témoigne les poursuites que la municipalité de Puteaux a engagé contre l’auteur de MonPuteaux.com, et portées aujourd’hui à la connaissance de la France entière par la une du quotidien Libération. De nombreux débats se sont – et vont – s’ouvrir sur le fonctionnement de la démocratie, les droits de l’individu, les responsabilités de l’hébergeur d’un site, etc… débats auxquels se sont joints de nombreux spécialistes de la loi et des médias.

Il est par contre un sujet évoqué par les démêlés de Christophe Grébert avec la justice: dans quelle mesure une voix s’élevant dans le cyberspace est-elle entendue, et, de manière plus générale, écrire ses pensées dans un blog, ou, pour une société, créer son site internet, suffit-il pour se faire connaître du monde entier ?

La réponse est non, bien sûr. Bon nombre d’entreprises, et non des moindres, oublient pourtant cette vérité première, et considèrent que le fait d’ouvrir un site leur vaudra des millions de visites, ou que celui de se mettre à la vente en ligne va instantanément démultiplier leur chiffre d’affaires. Pourtant, ces même entreprises n’oseraient pas imaginer éditer une plaquette comerciale sans l’envoyer à leurs clients et leurs prospects! Simplement, elles oublient que le référencement, la gestion du contenu, la création de liens, de partenariats, les campagnes d’emailing, sont des outils indispensables pour que leur site soit vu. Elles oublient de construire une démarche active en direction des internautes, et leur site internet ne leur sert guère plus qu’une palette de plaquettes oubliée dans un entrepôt.

Et les blogs ? Ils occupent en un sens une position particulière sur l’internet. Leurs particularités en font les chouchous des moteurs de recherche, leur mise à jour fréquente leur donne une visibilité dont rêveraient beaucoup de sites d’entreprises. Mais, d’un autre côté, ils n’échappent pas non plus à la règle, et la popularité de la plupart d’entre eux ne dépasse guère le cercle restreint des autres bloggers. Ce sont les médias, et la municipalité de Puteaux, qui ont donné une telle dimension au site de Christophe Grébert. Sans eux, ce blog serait resté dans l’anonymat.

Quelle que soit l’issue du procès qui se tient aujourd’hui, Christophe est le vrai gagnant, sa voix est maintenant audible à travers l’internet. J’espère que cette voix en incitera d’autres à s’exprimer, tout en sachant qu’il faut crier fort pour avoir une chance de se faire entendre.

Jun

16

Accro… nymes

By Thierry de Baillon

CEO, DG, DAF, DRH, RetD, ROI, CRM, B2B, SEO, PEA, OPCVM, FCPI, FIP, PERP, CMU (toutes mes pensées à celle que ces derniers concernent quasi-quotidiennement… ), WISP, WIFI, ISP, RSS, INSEE, UEM, OMC, PIB, …

Il y a peu de temps encore, il était de bon ton de dénoncer les jargons des spécialistes, les néologismes des professions. Aujourd’hui, nous vivons dans un monde où nombre des termes utilisés sont devenus des acronymes, certains connus des seuls initiés, mais pour la plupart cooptés, compris et utilisés par une frange délimitée de la population.

Des privilégiés ? Oui, à l’évidence, mais ce monde d’initiales est avant tout devenu un mode habituel et focalisé de communication, ni plus ni moins spécialisé que celui utilisé par les adolescents, que les SMS et le chat ont habitués à un langage de plus en plus abstrait, moins phonétique que symbolique. Il suffit de se promener sur leurs blogs pour en avoir la preuve. Ici se développe une véritable fracture du langage, amplifiée par la vitesse de communication et d’échange que seuls permettent l’internet et la téléphonie mobile.
La société industrielle du XIXème siècle, la naissance des médias de masse (presse, puis radio et télévision) avaient presque réussi dans leur objectif inavoué de “culture pour tous”. Il y avait certes toujours le parler bourgeaois et le parler populaire, puis le parler ville et le parler banlieue, mais le marquage était social, traduisant une échelle de valeurs davantage subie que choisie.

Il y a toujours eu une disparité de langages conrrespondant à une disparité culturelle. Certes. Mais nous trouvons aujourd’hui par contre dans une situation où le langage dénote une appartenance plus intellectuelle, et générationnelle, que sociale, où le niveau d’abstraction de l’expression fait que s’épaissit la barrière entre les langages utilisés. Les parlers ne sont plus concurrents, ils sont divergents. Et chaque génération semble s’isoler, se conforter dans sa compréhension et son utilisation de la langue. Au risque de se couper dramatiquement des autres.

Jun

14

Bis repetita placent… et tous les chemins mènent à Rome (ou à Naples, patrie de la pizza)

By Thierry de Baillon

Encore un titre cryptique, me direz-vous. Mais je suis avec beaucoup d’attention ce qui se passe ces derniers temps autour du blog-marketing (tiens, un terme que je devrais peut-être déposer) blog-marketing®, et viens de cuire une pizza (sort of) pour mes enfants. Et une similarité vient de me frapper entre ces deux univers: à partir d’ingrédients connus et rabâchés, peut soudain naître une combinaison inédite et savoureuse.

La pâte est la même, les ingrédients quasi-invariables, mais l’ordre de leur présentation et leur combinaison peut mener à des résultats totalement différents. Je vous passerai mes hésitations de piêtre cuisinier, mais le hype entourant en ce moment les blogs est autrement intéressant.
Qu’est-ce qu’un blog ? Outre le fait que ce soit un mode d’expression de plus en plus captif d’une plate-forme technologique donnée (il semble que TypePad, avec ses plus de 2 millions de blogs actifs, ait en France à ce sujet anesthésié, sinon tué la concurrence), ce n’est ni plus ni moins qu’un agglomérat de lignes de code dont les ingrédients innovants peuvent être réutilisés à d’autres intentions, dans d’autres contextes, avec un intérêt… majeur.

Car l’agitation faite en ce moment autour des blogs se résume en fait à deux faits incontestables: leur prolifération, leur accaparation par des couches de la population qui n’avaient jusqu’alors pu exprimé leur opinion sur le web avec un aussi grand retentissement (les minorités, les adolescents, les communautés très focalisées autour d’un centre d’intérêt restreint) d’une part, et leur insolente présence dans les moteurs de recherche d’autre part.
Faute de véritable analyse sociologique du web, c’est ce dernier point qui agite le monde des marketers. Voir à ce sujet un excellent article du Radiant Marketing Group.

Mais je doute que les blogs soient la “killer app” de l’internet, et je leur prédis d’ailleurs un rapide déclin en tant qu’outil d’acquisition de clientèle. Comme vous le savez -peut-être- je suis actuellement en recherche d’emploi, et je me dois de penser au futur en termes de tendances, non uniquement d’opportunités ponctuelles. Les médias en ligne, notamment, dont je parlais dans mon précédent billet, devraient s’intéresser de très près aux spécificités des blogs. Des spécificités que tous les portails actuels pourraient reprendre à leur compte, pour donner une impulsion nouvelle à leur présence en ligne. Les outils existent, il suffit de changer quelques lignes de code pour leur donner une ampleur inédite, et redonner aux blogs leur réelle dimension: l’opportunité faite à tout et chacun de s’exprimer et d’être entendu par le monde entier.

Et cela est à lui seul déjà considérable. Ne faisons pas des blogs l’otage des marketers, donnons aux ingénieurs, en les guidant, les clefs de ces nouveaux outils, et laissons la voix de la liberté et de la passion s’exprimer sans arrière-pensée.

Jun

12

Vox cognoscenti, vox populi

By Thierry de Baillon

De toutes les nouvelles technologies qui se développent sur le web, l’une des plus intéressantes est certainement le podcasting. Il eut été étonnant que le son, si présent dans l’esprit et la culture de la majorité des internautes, n’ait pas été intimement mêlé aux dernières avancées du multimédia.

Je ne doute pas que les communicants, dont je fais partie, trouveront très rapidement le moyen de tirer parti des nouvelles opportunités offertes par la diffusion “naturelle” de fichiers audio sur le net, mais j’ai surtout envie de parler des solutions que le podcasting peut apporter aux médias écrits traditionnels, à l’heure où l’internet est devenu pour eux un passage obligé.

Les accents incantatoires des “Chants de Maldoror” par un Isodore Ducasse en fin de vie, ou la verve ambigüe d’une interview de Céline résonneront toujours à mes oreilles, et je pense que les détenteurs de tant d’archives irremplaçables ont aujourd’hui à leur portée un nouveau moyen de le diffuser et de le démocratiser. Un pan entier de notre culture s’adresse, non pas à notre vue, mais à notre ouïe. J’imagine que les lecteurs assidus de l’Equipe seraient aujourd’hui preneurs, si un abonnement modeste leur permettait aujourd’hui de réentendre sur leur lecteur mp3 les strophes enthousiastes de la Marseillaise telle que l’a chantée l’Equipe de France victorieuse en 1998, tout comme ceux des Echos seraient sans doute heureux de regoûter aux discours pleins d’assurance d’un Jean-Marie Messier aux commandes de Vivendi.

Il y a là matière à nostalgie, mais il y a également là matière à contenu. Ne laissons pas aujourd’hui échapper la première irruption de l’audio hors du domaine de la piraterie musicale. Forts de leur expérience et des attentes de leur lectorat, les médias écrits ont aujourd’hui une chance unique de différencier leur contenu online de leur contenu imprimé. Ou peut-être devrais-je suggérer à l’AFP de m’occuper de la construction de leur département de dépêches audio ? Tiens, c’est une idée à suivre…

Jun

11

On ne connaît que les choses qu’on apprivoise

By Thierry de Baillon

Ce titre, extrait du Petit Prince de Saint Exupéry, viole une fois de plus les principes les plus élémentaires du marketing et du contenu online: mettez les mots les plus importants en avant, titrez vos articles de manière à annoncer leur contenu de la manière la plus claire possible, etc… Mais je suis ici sur mon blog, et mon dessein y est bien plus d’exprimer mes passions, y compris littéraires, que de mettre en pratique mon expérience.

J’étais ce matin convié, ainsi que l’ensemble des parents, à une matinée “portes ouvertes” à l’école de ma fille, sur le thême “jouons ensemble”. Au-delà d’un certain nombre de réflexions sur le fonctionnement de l’aducation nationale, qui pourraient faire l’objet de bien d’autres billets, c’est le processus de sociabilisation de nos enfants qui m’a soudainement frappé. Comment se connaissent-ils ? Comment lient-ils des relations amicales ? Et comment, au-delà de ces relations, initient-ils de manière indirecte des relations entre les parents ? Car, tous les parents le savent, l’élargissement de leur réseau personnel, au-delà du cercle familial, passe en priorité par les amis de leurs enfants, et ce dès leur plus jeune âge, bien avant même le cercle professionnel.

Si l’on regarde un peu plus en détail la manière dont les enfants acquièrent de nouveaux amis, et dieu sait à quel point ils sont en cela plus efficaces que nous, on s’aperçoit que deux principes fondamentaux régissent leur mise en relation: la cooptation et l’initiation.

Dans un processus classique de cooptation, ils se choisissent par affinité, cerchant avant à se séduire l’un l’autre, à donner à leur “apprenti” copain tous les gages de la fidélité et de la complicité. L’autre voie de mise en relation met la plupart du temps en jeu un groupe face à un individu. Celui-ci doit montrer patte blanche, adhérer et exprimer les lois -souvent non explicites- du groupe avant d’y être accepté et d’en porter les marques de reconnaissance.

Dans nos rêves et nos actes les plus intime, nous rêvons -et nous comportons- heureusement encore bien souvent comme des enfants. Les clubs des adultes ne sont ainsi qu’une prolongation des bandes de l’enfance, parfois jusqu’à la caricature. Alors que le marketing ne nous parle que de relations client et de taux de transformation, il serait temps de considérer que nos motivations les plus profondes sont mues par le désir et par l’intuition. Alors que ma boîte email est de plus en plus remplie d’offres agressives, de rabais non sollicités, il serait bon de revenir aux sources et de comprendre que le désir et la valorisation de l’individu sont les meilleurs moyens de provoquer la curiosité et d’inciter à aller plus loin dans l’adhésion à une marque ou à un programme de fidélisation. Incitons l’internaute à nous rejoindre, il nous le rendra au centuple. Provoquons-le par des pratiques marketing agressives, il lui suffira d’un clic pour nous oublier. Définitivement.

Jun

10

Sur l’information en ligne

By Thierry de Baillon

A l’heure où se développent les médias en ligne, ou chaque organe de presse se doit d’avoir son extension sur internet, il est bon de se pencher sur l’avenir, tant économique qu’institutionnel, des sites de presse.

Le modèle économique des offres en ligne des médias écrits semble aujourd’hui s’unifier autour d’un postulat, pour les plus puissants du moins: offrons contre rétribution des services supplémentaires, et offrons gratuitement un accès de base à l’information imprimée aux autres. Ainsi, les derniers mois ont vu fleurir un certain nombre de services à valeur ajoutée, animations multimédia, accès aux archives et à l’actualité “à chaud”, accès direct aux dépêches de l’AFP ou de Reuters.

Mais quel est l’avenir de tels services, alors que l’information devient aujourd’hui, et à moindre coût, de plus en plus facilement disponible ? Alors que l’AFP vient d’ouvrir au public un accès gratuit à ses dernières dépêches, quel est l’avenir des services en ligne des médias traditionnels ?

La relativement récente vogue des blogs est en train de populariser une forme jusqu’alors inexploitée de diffusion de l’information: les aggrégateurs RSS. Ceux-ci permettent de visualiser et de regrouper localement sur son ordinateur les nouvelles informations en provenance de dizaines, voire de centaines de sites, en en mettant à jour les informations en temps réel. Il n’est jusqu’alors pas aisé, sinon impossible, de contrôler l’accès à ces informations, un simple copier/coller agissant en tant que sésame pour chaque fil RSS disponible.

L’invention de la presse à imprimer a été un vecteur décisif de la diffusion des idées et des opinions, comme l’a été celle de la découverte des ondes hertziennes ou de la démocratisation de l’internet. A chacune de ces révolutions, les médias dominants ont été challengés par de nouveaux modes de diffusion de l’information, tout en essayant de conserver leurs qualités fondatrices: une analyse plus en profondeur, plus critique, de l’information. Un avantage bien trop souvent mis en péril par les réalités économiques; le journalisme d’investigation est aujourd’hui hors de portée de bons nombres de médias généralistes, et ne trouve plus sa véritable expression que dans la presse spécialisée.

Faut-il en déduire pour autant que l’économie de l’information est à court terme condamnée, ou que le seul avenir des médias écrits est dans le multimédia ? Non. Je pense même le contraire. Je crois qu’une fois encore le salut viendra de la technologie, et que la technologie des flux RSS donnera sous peu naissance à de nouveaux modes de diffusion de l’information, tels que des fils sélectifs, personnalisés en fonction de l’abonné, ou des aggrégateurs “intelligents”, capables de collecter des informations provenant de divers flux selon des thêmes donnés. L’utilisation de cette technologie n’en est encore qu’à ses débuts, mais elle devrait très rapidement donner un sens différent à la manière dont la presse traite l’actualité.

Jun

9

Mutant X

By Thierry de Baillon

Le marketing viral vient d’avoir les honneurs d’une dépêche de l’AFP, en date de ce matin, titrée “Internet: le marketing viral, une arme à la mode mais qui risque d’agacer”. Vu l’importance de la diffusion de ces dépêches, je suppose que “l’effet de mode” que relate celle-ci risque de s’amplifier au cours des mois à venir !

Mais le plus intéressant n’est pas là. En mettant l’accent sur un type d’actions commerciales dont le succès réside -justement- sur la confidentialité, voire l’élitisme, l’AFP brouille les cartes, en omettant d’une part de soulever le vrai problème de l’équilibre entre l’information et la désinformation sur internet, et d’autre part en figeant dans le temps une pratique qui, par essence, est appelée à évoluer très rapidement. Les virus ne survivent que grâce à la mutation, et il est à la fois vain et désespérant de vouloir tirer si vite des conclusions d’une pratique prometteuse au vu de ses résultats.

Des internautes à la limite de l’agacement ? Peut-être, mais plus que par le passé sans doute, le marketing viral pousse le marketing à la créativité et à une remise en question en profondeur. Il n’est plus aujourd’hui possible en ce domaine d’appliquer de vieilles recettes éprouvées, et la vieillesse se mesure de plus en plus à l’aune des mois qu’à celle des années. “De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace”, proclama un jour Danton face à un pays en guerre. Dans un univers où les initiatives et les idées sont de plus plus rapidement consumées et consommées, seules l’audace et l’inventivité auront une chance de survivre. Seules les idées mutantes émergeront.

Jun

8

La pomme est dans le ver

By Thierry de Baillon

Les annonces de la marque à la pomme ont souvent de quoi surprendre, et celle-ci ne fait pas exception à la règle, loin de là, y compris pour les afficionados dont je suis. Apple a décidé ce lundi d’adopter les processeurs Intel au cœur de ses machines, comme en témoigne ce communiqué de presse.

Mais n’oublions pas qu’Apple est née autour d’une idée de concevoir les ordinateurs autrement. Je pense que le fait de se focaliser sur une ligne de processeurs unique, au-delà de l’aspect économique qu’une telle décision peut représenter pour IBM, le perdant de ce pari, peut représenter, est une bonne idée.

Enfin, Apple pourra se mesurer coude à coude aux leaders de l’informatique multimédia, Sony en tête, et le challenge sera de fournir l’architecture la meilleure et la mieux intégrée, ce qu’Apple a mieux que tous su réussir depuis des années.

Enfin, Apple pourra se mesurer aux autres implémentations d’Unix, Red Hat, Mandrake et autres Linux, prouvant qu’OsX (ou quelle que soit la prochaine appellation de son système d’exploitation) est de loin la meilleure solution disponible pour un usage tant professionnel que personnel.

Enfin, Apple aura le loisir de se mesurer directement à Microsoft, démontrant qu’installer et utiliser un logiciel peut être autre chose qu’un parcours du combattant, et que le meilleur doit être le mieux adapté, et non le plus utilisé.

Enfin, choisir un Mac ou un PC sera un choix véritable, et non plus simplement une obligation, liée à un investisement logiciel conséquent ou à de désastreuses expériences de reformatage de disques durs, suite à l’attaque de trop nombreux virus.

Je fais confiance au futur, tout comme j’ai toujours fait confiance à Apple. Et je pense que je n’aurais désormais plus à me poser la question d’acheter un PC plutôt qu’un Mac. Nous allons réellement avoir le choix. Enfin.