By Thierry de Baillon

Version française ici.
Co-evolution has always played an important role in the history of humankind, specially when it comes to the complex relationships existing between technology and social behaviors. The social tools sweeping over the web and entering at increasing pace into our organizations are no exception. But evolution is neither linear, nor always a positive-sum game. Social business, in its present acceptation of defining a new way to get work done, might actually have reached a crossroad.
“Give me a lever long enough and a fulcrum on which to place it, and I shall move the world.” This famous quote from Archimedes illustrates the dual nature of technological evolution: while giving a theoretical and scientific framework to the lever, he invented pulley systems allowing the handling of up to then unbelievable weight, but also the catapult, one of the first mass destruction weapons. From invention of fire to nuclear fission, whether it be through disruptive progress or through incremental adaptation, technological innovation has always been a curse as well as a blessing.
Every light comes with a shade
2.0 technologies are no exception. Each day comes with its load of dithyrambic articles about how the social web is transforming our reality, driving empathy, making the world and organizations better places. How cool. How wrong. Social technologies have the potential to transform our world for better, but also for worse. Empathy might turn into hate in a snap, or be actively used in psychological manipulation of crowds and individuals. Every light comes with a shade. I am not talking here about reputation crisis or so-called social media disasters, which repeatedly sustain the content of so many “marketing” blogs, and usually result from unsustainable product positioning or from some employees’ childish behavior, but about a stronger, deeper threat to the social web potential: a call to the dark side of the human mind.
Time to walk the talk
Failing to taking this threat into account, while keeping on focusing on social media blunders to claim that social technologies are transforming the world is not only stupid, but harmful, when the very same attitude enters the business realm.
Tangible evolution of the nature of work, and actual transformation of organizational structure, mostly exist for now in marketing hot air. Things change slowly, and by far require more of a culture switch than simple tools’ adoption. As Mark Tamis judiciously pinned out (in French), Social Business (as now defined by IBM) is in fact much closer to the original definition of Enterprise 2.0 than it is to the collaborative enterprise described by Esteban Kolsky, or to the Wirerarchy envisioned by Jon Husband. Changing the terminology doesn’t make the smoke screen any thinner.
‘Taskization’ of the conversation
Furthermore, tools, like Salesforce Chatter, or more recently Tibbr, are appearing which allow for direct integration of business applications outcomes into social platforms. I am convinced that socialization of business processes is not a meaningful track toward social business, but the real treat stands elsewhere. Tibbr allows people to choose which information they want to receive, and when they want it delivered in the middle of their conversation stream. Although this might (for some) look like a great idea, how de you think such a feature would be used in the vast majority of companies, for which ‘becoming a social business‘ (to quote IBM’s words) merely means throwing tools to employees without relinquishing their traditional command-and-control structure? What would it mean to those businesses focusing on process-based productivity, workforce optimization and costs reduction?
You know the answer: such tools will give managers new opportunities to control their teams’ workflow, in real time, new ways to tie workers to their tasks. In a world where not answering an email ten minutes after receiving it is considered as an error, there won’t be any more excuse not to check outputs from ERP every half an hour. Conversations will turn into more interruptive tasks, empowerment will turn into less self-organization opportunities. The dark side of business exists, it is alive and well.
Social business offers businesses a major opportunity for redefining the nature of work and the structure of companies, freeing knowledge workers from organizational-only pressure and defining a new social contract between customers, workers, firms and their ecosystem. On a dark side, it also gives companies novel ways to enforce business-as-usual and to further exploit the outdated legacy of our industrial era. People-centric or IT-centric, the use of social technologies for enterprise is at a crossroad, and it might be time to face it without self-indulgence.
By Thierry de Baillon
English version here.
La co-évolution a toujours joué un rôle important dans l’histoire de l’humanité, spécialement lorsque l’on évoque les relations complexes entre technologie et comportements sociaux. Les outils sociaux envahissant le web et s’invitant de plus en plus vite dans nos organisations ne font pas exception. Mais l’évolution n’est ni linéaire, ni toujours un jeu à somme positive. Le social business, dans l’acceptation actuelle de définition d’une nouvelle manière d’effectuer le travail, arrive sans doute à une croisée des chemins.
«Donnez-moi un levier suffisamment long et un point d’appui, et je soulèverai le monde». Cette célèbre citation d’Archimède illustre la double nature de l’évolution technologique: en fournissant une explication théorique et scientifique au levier, il a inventé des systèmes de poulies permettant la manipulation de charges d’un poids jusqu’alors impossible, mais également la catapulte, l’une des premières armes de destruction massive. Depuis l’invention du feu jusqu’à la fission nucléaire, qu’il s’agisse de progrès disruptif ou d’adaptation incrémentale, l’innovation technologique a toujours été autant une malédiction qu’une bénédiction.
Toute médaille a son revers
Les technologies 2.0 ne font pas exception à cette règle. Jour après jour, on peut lire des articles dithyrambiques sur la manière dont le web social est en train de transformer notre réalité, suscitant l’empathie, construisant un monde meilleur et des organisations plus humaines. Comme c’est beau. Et comme c’est faux. Les technologies sociales ont le potentiel de nous aider à construire un monde meilleur, mais également pire. L’empathie peut se transformer en haine en un clin d’oeil, ou servir de catalyseur à la manipulation des foules et des individus. Toute médaille a son revers. Je ne parle pas ici de crises d’e-réputation ou de soi-disant désastres des médias sociaux, qui nourrissent régulièrement tant de blogs «marketing», et résultent la plupart du temps d’un positionnement produit insoutenable ou du comportement infantile de quelques employés, mais d’une menace bien plus forte et bien plus puissante pesant sur le potentiel des médias sociaux: celui d’en appeler au côté obscur de l’esprit humain.
Il est temps de s’y mettre
Ne pas prendre cette menace au sérieux, en persistant à se concentrer sur les maladresses émaillant l’usage des médias sociaux pour claironner que ceux-ci sont en train de transformer le monde est non seulement stupide, mais dommageables, lorsque cette attitude s’applique à l’univers du business.
Une évolution tangible de la nature du travail, et une réelle transformation de la structure des organisations, tout cela n’existe pour l’instant essentiellement que dans le baratin marketing. Les choses changent lentement, et nécessitent bien plus un véritable changement de culture que la simple adoption de nouveaux outils. Comme l’a judicieusement fait remarquer Mark Tamis, le Social Business (tel que le définit maintenant IBM) est en fait bien plus proche de la définition originale de l’Entreprise 2.0 que de l’entreprise collaborative telle que la décrit Esteban Kolsky, ou de la Wirearchie telle que l’entrevoit Jon Husband. Changer de terminologie ne dissipe pas l’écran de fumée.
La «tâchisation» de la conversation
De plus, des outils tels que Salesforce Chatter, ou plus récemment Tibbr, apparaissent, qui permettent l’intégration directe des applications métiers dans les plateformes sociales. Je suis convaincu que la socialisation des processus business n’est pas une direction pertinente à suivre sur le chemin qui mène au social business, mais là n’est pas la véritable menace. Tibbr permet aux gens de choisir les informations qu’ils veulent recevoir, et quand ils souhaitent les recevoir. Bien que cela puisse (pour certains) apparaître comme une superbe idée, comment pensez-vous que cela se traduise en pratique dans la grande majorité des entreprises, dans celles pour lesquelles «devenir une entreprise collaborative» (ce sont les mots-même d’IBM) signifie en gros fournir des outils bruts aux employés sans pour autant renoncer à leur structure traditionnelle, typiquement commande-et-contrôle ? Comment cela serait-il compris par ces entreprises qui concentrent leur stratégie autour de la productivité orientée processus, de l’optimisation de la force de travail et des réductions de coût ?
La réponse, vous la connaissez: de tels outils donneront aux managers de nouveaux moyens pour contrôler leurs équipes, en temps réel, de nouvelles opportunités pour enchaîner les travailleurs à leurs tâches. Dans un monde où ne pas avoir répondu à un email dix minutes après l’avoir reçu est considéré et signifié comme une erreur, vous n’aurez plus d’excuse pour ne pas checker toutes les demi-heures les messages provenant de l’ERP. Les conversations deviendront de nouvelles tâches interruptives, l’»empowerment» dont il est question se traduira en encore moins de possibilités de s’auto-organiser. Le côté obscur du business existe, et il se porte bien.
Le social business offre aux entreprises une opportunité majeure de redéfinir la nature du travail et la structure des organisations, libérant les travailleurs de la pression organisationnelle et définissant un nouveau contrat social entre clients, travailleurs, entreprises et leur écosystème. Du côté obscur, il leur offre également des manières inédites de renforcer le business-as-usual et d’exploiter plus encore l’héritage dépassé de l’ère industrielle. Centrée- individus ou centrée-IT, l’utilisation des technologies sociales se trouve à la croisée des chemins, et il est sans doute temps d’y faire face sans indulgence.
By Thierry de Baillon
Version française ici.
Our world is changing, so is the way we are thinking about it. The rise of online networks has not only modified our possibilities to connect and exchange knowledge with other people, but also has it given anyone with internet access a new, almost (not yet totally, but for how long?) unalienable, power. From charities to tyrannies, from companies to markets, a lot of this power is shifting to citizens and customers. Paradoxically, the more people gain access to it, the less we can think in terms of mass. Individuals, their diversity, their relationships, their interactions, matter more than the standardized bulk dynamics prevailing in the industrial logic.
To adapt to this change, organizations have to reinvent most of the ways they operate. Customers are no more passive buyers to target. Companies are no more fierce industrial strongholds aimed at infinite growth and bracing their back against long-term competitive advantages. Work is no more a clearly designed set of tasks, defined by roles and rewarded by career paths. Trees grow no more to the sky. Previous equilibrium between production, sales and profit is broken, and a new one is required, which embraces the evolving complexity of relationships between customers, companies and workers.
SD-logic and co-creation of value
Service-dominant logic draws a framework in the quest for such an equilibrium. By switching from a transaction-based model of organizational justification (I sell therefore I am) to an interactive model of value creation, it provides us with critical insights on the necessary mutation economic actors must undergo to survive in an ever more challenging environment. I already wrote about service-dominant logic (and you can learn a lot more here -and on the SD-logic website if operational again-), but, at the risk to oversimplify the works of Steve Vargo and Robert Lusch, let me recall some basic principles of their theory: companies do not market products for customers to buy; they make proposals (of products, of services) which customers hire (thus on a momentary, but not instantaneous, basis) to help them get their job (the real-world activity they want to use the product or service for) done. Value is co-created by company and customers during the whole length of time the customer uses the product / service.
For companies, beyond profit and other measurable benefits (reputation and loyalty for instance), value means knowledge about their customers’ needs, expectations and uses, which drives further development of better products and services, and better engagement. For customers, value also means knowledge about how to better fit their needs. Through value co-creation, both parts evolve.
Furthermore, value is neither created in the void, nor in a simple dual firm-customers relationship. People talk, compare, their own networks influence the overall value creation. Companies, too, are part of networked ecosystems composed of suppliers, subcontractors and many other stakeholders. As more and more people share knowledge through their online networks, as more and more companies get in the use to listen and engage with them, they will get more and more involved into customer-driven innovation, and will co-evolve.
The dynamics of co-evolution: competition
Co-evolution dynamics are originally related to natural ecosystems and living species, but are more and more considered in organizational and societal theories, as an inherent part of complex systems behavior. Co-evolution happens when a system and its environment, or different subsystems, are influencing each other to change.
The first kind of co-evolution is competitive: a system evolves to gain advantage onto another, in a typical predator/prey relationship. As more companies turn to customers and other parts of their ecosystem for added value, they will compete for what best serves their needs in a particular category, which involves several risks.
The first risk of a purely competitive co-evolution is relativism: competition involves getting advantage, but a subcontractor may work for several competitors (as Vargo and Lusch acknowledged), or customers may give insight in reference to competing products (imagine I own both a Kindle and an iPad). Companies may end up trapped in a kind of Zeno’s paradox, a zero-value sum, driving just enough innovation to get closer to their competitors’ best proposal.
The second risk is called the Red Queen’s dynamics, and is a hypothesis formulated by the American biologist Van Valen in 1973, stating that co-evolution in tightly related species doesn’t preclude any of them from extinction, whatever the number of precedent evolutions might be, and more and more considered in economic research. In our business context, it means that companies might be obliged to dedicate more and more resources to value co-creation, thus to evolve, not to thrive, but just to stay in the competition. Following the Red Queen’s hypothesis, engaging in that sort of arms race would equal, for companies which aren’t deeply involved in design-driven innovation, an overwhelming takeover by customers.
The dynamics of co-evolution: cooperation
While a truly cooperative economy might be seen as a mere utopia, cooperation, whether between firms or with customers, is a business reality. Whereas collaboration’s dynamics, requiring aligned goals, resources and outcomes, are mostly endogenous and pertain to a shared system’s level, cooperation takes its power from diversity, empowering each actor through shared information and behaviors. Meaningful sustainability initiatives assume active cooperation between whole business ecosystems and customers. Coopetition, which combines cooperation and competition, is gaining acceptance as a powerful business strategy in our networked economy.
Still an emergent domain of research, cooperative co-evolution doesn’t suffer from the same flaws as its competitive counterpart. Furthermore, it provides to value co-creation an interesting analogy with the cognitive learning process; all actors gain and create knowledge from information available, according to his own needs, expectations and personal background. Could we therefore use the different types of cognitive learning to provide a practical frame to the promises of the service-dominant logic? That’s a great perspective I would love to discuss with you. Online networks are transforming the way we behave, chances are good they will transform the way business is done. For better.
By Thierry de Baillon
English version here.
Notre monde change, et avec lui la manière dont nous le pensons. L’essor des réseaux en ligne a non seulement modifié les possibilités offertes de nous connecter et d’échanger du savoir avec les autres, mais a également donné à toute personne ayant accès à l’internet un nouveau pouvoir, pratiquement (pas encore totalement, mais pour combien de temps?) inaliénable. Des ONGs aux tyrannies, des entreprises aux marchés, une grande part de ce pouvoir est entre le mains des citoyens et des clients. Paradoxalement, plus nous sommes nombreux à y accéder, moins nous pouvons penser en termes de masses. Les individus, leur diversité, leurs relations, leurs interactions, prennent plus d’importance que les dynamiques standardisées de groupes prévalant dans la logique industrielle.
Pour s’adapter à ce changement, les organisations doivent réinventer la plupart de leurs pratiques opérationnelles. Les clients ne sont plus des consommateurs passifs que l’on cible. Les entreprises ne sont plus des citadelles industrielles à la recherche d’une croissance perpétuelle et s’arcboutant sur des avantages compétitifs à long terme. Le travail n’est plus une liste clairement définie de tâches, défini par des rôles et récompensé par des plans de carrière. Les arbres ne montent plus jusqu’au ciel. L’ancien équilibre entre production, ventes et profit est rompu, et il est nécessaire d’en trouver un nouveau, qui tienne compte de la complexité mouvante des relations entre clients, entreprises et travailleurs.
Logique à dominante service et co-création de valeur
La logique à dominante service nous fournit une méthodologie dans la recherche d’un tel équilibre. En passant d’un modèle de justification organisationnel (je vends donc je suis) basé sur la transaction à un modèle interactif de création de valeur, elle nous donne des clefs fondamentales sur la mutation essentielle que doivent entreprendre les acteurs économiques pour survivre dans un environnement de plus en plus difficile. J’ai déjà écrit à propos de la logique à dominante service (et vous en apprendrez bien plus ici – ainsi que sur le site dédié, à condition que celui-ci soit à nouveau en ligne), mais, au risque de sur-simplifier le travail de Steve Vargo et de Robert Lusch, voici quelques principes de base de leur théorie: les entreprises ne mettent pas sur le marché des produits pour que leurs clients les achètent; elles émettent des propositions (de produits ou de services) que leurs clients empruntent (donc pour une durée limitée, et non dans une transaction instantanée) pour les aider à faire leur travail (en anglais «job-to-be-done», l’activité réelle pour laquelle ils projettent d’utiliser le produit ou le service). De la valeur est co-créée par l’entreprise et ses clients pendant toute la durée pendant laquelle le client utilise le produit / service.
Pour les entreprises, au-delà du profit et autres bénéfices mesurables (réputation et fidélité par exemple), valeur signifie connaissance des besoins, attentes et usages de leurs clients, savoir qui alimentera le développement de meilleurs produits et services, et leur permettra de mieux se consacrer à leurs besoins. Pour les clients, valeur signifie également un savoir sur la meilleure manière de remplir ces besoins. A travers la co-création de valeur, chacun évolue.
De plus, la value n’est ni créée dans le vide, ni dans une simple relation duale entreprise-clients. Les gens parlent, comparent, leurs propres réseaux influencent la création globale de valeur. Les entreprises, elles aussi, font partie d’écosystèmes connectés composés de fournisseurs, de sous-traitants et de bien d’autres intervenants. Alors que de plus en plus d’individus partageront du savoir à travers leurs réseaux en ligne, que de plus en plus d’entreprises prendront l’habitude de les écouter et d’échanger avec eux, elles seront de plus en plus impliquées dans l’innovation pilotée par les clients, et co-évolueront.
La dynamique de la co-évolution: la compétition
La dynamique de la co-évolution est historiquement étudiée dans le cadre des écosystèmes naturels et des espèces vivantes, mais l’est de plus en plus dans le cadre de théories organisationnelles et sociétales, en tant que caractère inhérent du comportement des systèmes complexes. La co-évolution survient lorsqu’un système et son environnement, ou différents sous-systèmes, sont amenés à évoluer en s’influençant les uns les autres.
Le premier type de co-évolution est compétitive: un système évolue pour prendre l’avantage sur un autre, dans une relation typique d’ordre prédateur-proie. Alors que de plus en plus d’entreprises se tournent vers leurs clients et d’autres éléments de leur écosystème pour créer plus de valeur, elles entreront en compétition pour répondre à leurs besoins dans une catégorie donnée, ce qui comporte plusieurs risques.
Le premier risque guettant une co-évolution purement compétitive est le relativisme: la compétition implique se doter d’avantages, mais un sous-traitant donné peut travailler pour plusieurs compétiteurs (comme le reconnaissent Vargo et Lusch), et les clients peuvent donner leurs idées en fonction de plusieurs produits en compétition (imaginez que vous possédiez à la fois un Kindle et un iPad). Les entreprises peuvent se retrouver prisonnières d’une sorte de paradoxe de Zénon, un jeu à résultat nul, n’innovant que pour se rapprocher de la meilleure offre de leurs compétiteurs.
Le second risque s’appelle la dynamique de la Reine Rouge, une hypothèse formulée par le biologiste américain Van Valen en 1973, alléguant que la co-évolution d’espèces étroitement liées ne les protège pas de l’extinction, quel que sont le nombre des évolutions précédentes, qui est de plus en plus considérée dans la recherche en économie. Dans notre contexte business, cela signifie que les entreprises pourraient être obligée à consacrer de plus en plus de ressources à la co-création de valeur, et donc à évoluer, non pas pour sortir du lot, mais juste pour survivre. Selon l’hypothèse de la Reine Rouge, s’engager dans ce type de course aux armements équivaudrait, pour des entreprises qui ne s’engageraient pas dans l’innovation pilotée par le design, à une prise de contrôle de son activité par ses clients.
La dynamique de la co-évolution: la coopération
Même si une économie réellement coopérative relève essentiellement aujourd’hui de l’utopie, la coopération, que ce soit entre entreprises ou avec les clients, est une réalité économique. Alors que la dynamique de la collaboration, qui requiert un alignement des objectifs, des ressources et des résultats, est essentiellement endogène, en ce qu’elle relève d’un écosystème partagé, la coopération tire sa force de la diversité des acteurs, leur faisant tous bénéficier de l’information et des comportements partagés. Les initiatives les plus pertinentes en développement durable mettent en oeuvre la coopération d’écosystèmes économiques entiers. La coopétition, qui combine coopération et compétition, est de plus en plus vue comme une stratégie optimale dans notre économie en réseau.
Sujet de recherche relativement encore émergent, la co-évolution coopérative ne souffre pas des mêmes défauts que sa contrepartie compétitive. De plus, elle permet une intéressante analogie entre la co-création de valeur et le processus de l’apprentissage cognitif; tous les acteurs acquièrent et créent du savoir à partir de l’information disponible, chacun en accord avec ses besoins, ses attentes et son background personnel. Est-il possible d’utiliser les différents types d’apprentissage cognitif pour donner un cadre pratique aux promesses de la logique à dominante service. C’est une fabuleuse perspective dont j’aimerais pouvoir discuter avec vous. Les réseaux en ligne sont en train de modifier nos comportements, et il y a de grandes chances qu’ils modifient la façon dont le business s’opère. Pour quelque chose de mieux.